Service de soin à domicile - ADMR
Actualité du : Mercredi 09 Novembre 2011 à 10:07
Interview de Magalie, aide-soignante à domicile au SSIAD (Service de Soins Infirmiers A Domicile)
Pour la prise en charge des personnes dépendantes, l’ADMR (Aide à Domicile en Milieu Rural) propose des services bien distincts :
- celui des aides à domicile dont le travail est de faciliter le bien-être matériel (entretien du cadre de vie, travaux ménagers, courses, repas…) et l’aide à la personne (aide au déplacement, à la toilette, à la prise de repas …)
- celui des soins, le SSIAD, composé d’aides-soignantes et d’infirmières.
Ce dernier service paraît moins connu du public et pourtant il est l’un des maillons indispensable de la chaîne qui permet à une personne dépendante de rester à son domicile.
Actuellement, dix-sept aides-soignantes interviennent chez une soixantaine de patients, âgés de soixante à ... cent deux ans.
Si pour vous le travail de l'infirmière à domicile n'a pas de secret, il n'en est pas de même pour le travail de l'aide-soignante souvent méconnu. C'est pourquoi nous vous proposons de découvrir avec Magalie, aide-soignante au SSIAD, les spécificités de ce métier.
Tout d'abord, comment êtes-vous devenue aide-soignante ?
J’ai suivi la filière B.E.P. sanitaire et social à l’école d’aide-soignante de Villefranche et après avoir réussi le concours et réalisé de nombreux stages, j’ai intégré le service de gériatrie de l’hôpital d’Alix.
Le service de gériatrie n’est pas le service le plus facile pour débuter dans ce métier. Etait-ce un choix ?
Oui car j’avais envie d’aider les personnes âgées. J’étais encore jeune et c’était parfois dur mais ce service me correspondait bien. J'ai souvent remarqué que les jeunes choisissaient la gériatrie pour débuter et acquérir de l’expérience. Elles sont peut-être plus à l’aise avec les personnes âgées.
Quel a été votre parcours avant de devenir aide-soignante à domicile ?
Après dix ans de gériatrie en service hospitalier, j’ai demandé à intégrer un nouveau service qui venait de se créer, celui des soins palliatifs. Mais assez rapidement il a été transféré à Lyon Sud, et comme j’étais enceinte je n’ai pas voulu suivre. Le service s’est alors transformé en service de convalescence, qui, lui aussi, a fermé suite au départ du médecin. J’ai alors été nommée dans un service de long séjour mais j’avais l’impression de régresser. J’avais moins de relationnel car il fallait aller vite et j’étais toujours stressée. Cela ne me correspondait plus et j’ai décidé de partir. Des collègues m’avaient parlé très favorablement de l’ADMR et je suis allée frapper à la porte du SSIAD pour déposer ma candidature. Mon embauche a été très rapide.
Le travail au SSIAD est-il très différent d'un travail hospitalier ?
Les toilettes, les soins restent identiques, c’est surtout l’organisation du travail qui est différente. Nous devons bien sûr respecter le plan de soins remis par l’infirmière mais nous gérons notre temps en fonction des besoins de la personne. Nous sommes beaucoup plus autonomes. Il faut déjà avoir une certaine maturité dans le travail pour savoir prendre des initiatives.
Comment s’organise votre journée de travail ?
Nous avons de cinq à six patients par jour, inscrits sur notre fiche de tournée, uniquement pour des soins à la personne : toilette, prise de médicaments, coucher… Pour ma part je fais un temps partiel et je travaille de 8h à 12 h, mais pour celles qui font un temps complet elles assurent aussi une tournée de 17h à 20h
Nous assurons également les jours fériés, un week-end sur deux ou trois et les astreintes.
Avez-vous des demandes qui ne sont pas de votre ressort ?
Oui car nous sommes souvent confondues avec les aides à domiciles qui, elles, s’occupent du bien être de la personne en gérant son quotidien. Notre travail à nous est uniquement basé sur des soins à la personne. Il faut donc savoir dire non à certaines demandes domestiques pour ne pas trop retarder nos tournées.
Etre aide-soignante à domicile finalement vous convient bien !
Cela fait trois ans que je travaille au SSIAD et je ne le regrette pas du tout. Nous sommes autonomes mais jamais seules car toujours suivies par l’encadrement infirmier. J’apprécie aussi les rencontres avec mes collègues pour parler des problèmes de nos patients. Une fois par semaine c'est important de se retrouver pour faire le point.
Ma vie familiale est aussi plus simple grâce à des horaires plus réguliers.
Quelles sont les qualités indispensables pour pratiquer cette profession ?
L’aide-soignante doit être à l’écoute de la personne, se soucier d’elle, avoir de la patience. Il faut savoir prendre du temps pour le patient mais aussi pour sa famille qui a parfois besoin de parler.
Quel conseil donneriez-vous à une jeune stagiaire ?
De traiter la personne âgée comme elle aimerait qu’on la traite quand elle aura son âge.
Propos recueillis par MC Finet